Ecriture méditative 2 : Amour à la mer

Le sommeil tarde à venir ? Laissez aller votre main sur le papier, et quand elle aura fini de s’agiter, c’est votre mental qui sera apaisé ! Exemple d’écriture nocturne en cette saison estivale.

Immensité. Des éclats turquoises, noirs et dorés. L’horizon bouché des monts et merveilles.

L’éclat de l’or transperce mes yeux et attire mon corps. Sous mes pieds, des granules qui frottent et qui massent. La chaleur qui inonde et la fraîcheur qui appelle, qui apaise. Les plaques bleues sous la gaufre d’écume évoquent la vibration de mon corps et le frémissement de ma peau. Je mets un pied, puis l’autre, la glace m’étreint pour me saisir, comme une enveloppe brutale me réveillant à moi-même.

Soudain, c’est tout mon corps qui se rappelle qui il est et ce qu’il peut. Il bouge, il flotte, il s’étend sans limite, mes bras s’allongent pour saisir l’impossible et il n’y a plus de fin. Mon souffle se libère pour me redonner vie. Et partout sous moi c’est le flou vert et émeraude. L’incertitude de la répétition qui n’en finit plus.

Encore et encore, je me nourris de ce bleu. Il ne dit jamais non, il est là, solide et disponible pour moi, pour apaiser mon corps et mon esprit. Je lève la tête et rien n’a changé. Tout est là, statique et mouvant à la fois. Un mouvement subtil de vie qui berce la lenteur de mon rythme. Nous ne faisons qu’un. Je suis la mer et la mer est en moi. Elle m’accueille de toute sa générosité de couleur et de sensation. Tout en moi est réveillé.

Je vois des tâches informes qui forment un tout. Il n’y a pas besoin de détail. Tout est une évidence calme et sereine. Tout, un cadeau immense offert sans retenu.

Alors je m’offre à mon tour sans barrière et sans limite. Je pourrais atteindre l’autre rive si j’en avais le temps, avec la persévérance et la confiance. Je pourrais tracer un sillage aussitôt évanoui qui pourtant donnerait à tout jamais le sens de mon chemin. Le bleu, le vert, l’or, les éclats, la douceur, la crête de vague coupée, le sable d’albâtre qui frotte les algues. Et l’odeur. Celle du sel et du sable chaud, des algues brunes qui flottent et vont et viennent, sans jamais s’opposer. Le bercement de la mer, le bercement de la mère, sans pause ni fatigue. Comme le va et vient d’un corps amoureux qui crie la jouissance quand les ténèbres l’accablent et tentent de l’absorber.  

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