Une société de gloutons : mettons-nous au régime !

Ou une réflexion sur les bienfaits de créer un vide en nous, afin de choisir comment nous voulons vraiment le remplir

Le trop plein comme mode de vie

Notre société occidentale est celle de l’apparente abondance. Depuis plus d’un siècle, on a érigé pour nous un idéal : le fait de posséder serait devenu synonyme de puissance, d’épanouissement, voire de réalisation de soi (la strate la plus haute dans la pyramide des besoins de Maslow).

Le leitmotiv de notre société pourrait être aujourd’hui : « je consomme, donc je suis ».

Ca fait peur, hein ?

Cela nous a rendus boulimiques : posséder +, communiquer +, aller + vite, avoir + de sensations, faire + d’expériences, voir + de pays, avoir + d’amis sur les réseaux sociaux, poster +…

Toujours + + + + +

Cette abondance, couplée à l’agitation qu’elle génère, comble nos vies. Et nous donne l’impression « profiter ». Car IL FAUT PROFITER. Nous répète-t-on.

Quand j’ai commencé à travailler, je me souviens de la consternation d’un de mes amis à qui je répondais : « Ce week-end ? Je ne fais rien de particulier » quand il me demandait ce que j’avais prévu. Or, le luxe pour moi, après des semaines passées à organiser, planifier, mettre en œuvre (j’étais alors chef de projet), c’était de laisser place à l’improvisation au gré de mes envies. Un temps de liberté créative, finalement. Mais je n’arrivais pas à bien le vivre : le regard des autres, leur encouragement à « profiter », leur incompréhension de mon besoin de repos, me faisaient sentir tour à tour coupable, honteuse, décalée… Double peine, donc : non seulement, je devais fournir un effort supplémentaire pour m’adapter à ce qu’il semblait socialement convenable, et je ne me reposais pas. J’ai mis beaucoup de temps à assumer cet part de ma personnalité : contemplative, libre de tout engagement, aspirant au calme et à la lenteur. Mais en l’accueillant sans la juger, j’ai fini par faire des rencontres qui comprenaient, respectaient, voire partageaient mes besoins. Pour une meilleure qualité de vie.

Le sentiment de mal-être procuré par le vide

J’ai donc beaucoup réfléchi à ces mécanismes. Je me suis demandée : finalement, que se passe-t-il quand le vide se présente ? Quand nous n’avons rien prévu le week-end ? Quand nous n’avons pas d’amis disponibles pour échanger ? Quand notre téléphone ne sonne pas ? Quand nous ne recevons pas de mail ? Quand nous avons finalement du temps libre ?

J’ai observé bien souvent que ce vide était généralement source d’inquiétude, de stress, d’impatience. L’impression de perdre son temps, de ne pas vivre pleinement… et sous-jacent, la difficulté à être face à nous-mêmes. Dans la simplicité de son être, sans les artifices que nous procure le mode « faire ».

L’absence d’activité peut être une joie, à condition toutefois d’être en bon terme avec soi-même.

L’intérêt de renouer avec le vide

Or, quand nous avons un moment de répit, que se passe-t-il pour nous ?

Nous avons des opportunités multiples :

  • se reconnecter avec nos sensations, nos émotions et nos pensées, et faire état de soi,
  • se reconnecter avec notre environnement direct, prendre conscience de sa présence,
  • prendre ce fameux recul, nécessaire à la résolution de problématiques complexes,
  • abaisser la pression, réguler ses émotions, se relaxer, récupérer,
  • laisser de la place au choix, cesser de subir l’agitation incessante, pour libérer de l’espace et finalement aller vers ce qui nous convient le mieux.

Et physiologiquement, notre cerveau à besoin d’instants de repos, sans interaction avec l’environnement. Ils sont favorables à la mémorisation, la régulation des émotions, et bien sûr, à l’introspection éclairée. Un petit article ici qui fait état des recherches scientifiques sur le sujet, à l’aide de l’imagerie cérébrale (2019).

Les solutions pour appréhender positivement le vide

Quelques réflexions qui peuvent vous guider pour vous réconcilier avec le vide si vous en avez assez de votre boulimie :

  • Le vide, c’est l’espace de tous les possibles. Voyons le, non plus comme une punition, un manque, une absence, mais plutôt comme une page blanche sur laquelle on peut écrire tout ce que l’on veut.
  • Résistons à la tyrannie de l’hyperactivité : réussir, ce n’est pas forcément avoir plein de projets. Vous pouvez avoir plein de projets et être très malheureux. Le projet à prioriser n’est-il pas votre bien-être, pour évoluer positivement dans votre vie et en relation avec les autres ? Alors si votre bien-être passe par ne pas avoir de projet, ne vous laissez pas influencer par votre environnement qui vous explique que le projet, c’est la vie.
  • Assumons de ne rien faire. Car on ne fait jamais rien, même quand on dort. Les pires ennemis des temps de farniente sont notamment la culpabilité, le sentiment d’inutilité, ou l’angoisse de « rater quelque chose ».
  • N’oubliez pas que ces moments sont sources d’inspiration, d’imagination, d’apaisement. Votre bien-être ira en s’accroissant. Si vous n’osez pas au début, pensez aux conséquences bienfaisantes pour vous, cela peut vous motiver.
  • Si l’angoisse du vide ou le face à face avec vous-même est insupportable, envisagez un accompagnement axé sur la réconciliation avec votre être, le traitement de l’anxiété, ou encore et toujours, testez la méditation !

Illustration : Xav

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