L’impact de la méditation sur le vieillissement cérébral

Voici le dernier billet du moine bouddhiste Matthieu Ricard qui prend part à de nombreuses études visant à évaluer l’impact de la méditation sur notre neuroplasticité.

https://www.matthieuricard.org/blog/posts/quel-est-l-impact-de-la-meditation-sur-le-vieillissement-de-notre-cerveau

Matthieu Ricard vous donne rendez-vous le mardi 21 septembre à 19h (journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer) pour une table ronde digitale spéciale « Cerveau et Méditation ». A ses côtés, Ilios Kotsou – docteur en psychologie – et le Dr Olivier Deladoucette – président de la Fondation Recherche Alzheimer – proposeront leur analyse. Pour suivre cet échange, suivez ce lien.

Source : https://www.matthieuricard.org/

Expression = faire sortir la pression

Jeter des mots sur un papier, laisser la couleur envahir une page, oser des associations dissonantes, tracer des formes en laissant libre cours à sa gestuelle, couper, déchirer, recomposer du papier, modeler de l’argile, taper, déformer, reformer…

Ce n’est pas le résultat qui compte !

Dans la médiation artistique, ce n’est pas le résultat qui compte, mais plutôt le processus de création : comment vient l’inspiration, quels sont les souvenirs ou les émotions qui nous envahissent, comment on ose se mettre en mouvement, comment on accepte de ne pas maîtriser le rendu, comment on laisse de l’espace à de nouveaux comportements…

Au travers ce processus, c’est non seulement notre mental qui s’exprime, mais aussi l’ensemble de notre corps, et plus imperceptiblement, le registre de l’émotion. Parce qu’on aime, parce qu’on n’aime pas, parce qu’on trouve ça joli, curieux, intéressant, nouveau, surprenant… on se laisse guider par l’ensemble de ses ressentis pour construire une œuvre.

Ainsi, un vécu interne comme une émotion, qui trouve parfois difficilement un moyen d’exister par les mots, peut prendre une forme, une couleur, une matière, une histoire, et s’incarner, s’exprimer dans la sphère du tangible.

Et le bénéfice est grand : car tout ce qui vit en nous et ne peut trouver un moyen de sortir fait pression, amène un conflit interne qu’il est nécessaire de soulager. Que ce soient des pensées omniprésentes, des émotions intenses, des conflits douloureux… les mettre en mots ou en couleur nous aide, grâce à un mouvement libératoire de l’interne vers l’externe.

Créer de l’espace pour autre chose

Libérés d’un peu de pression, notre corps, notre mental, notre cœur… peuvent retrouver du confort. Et tout ce qui fini couché sur le papier, ayant quitté notre for intérieur, libère de la place pour accueillir autre chose. Tout en cultivant notre lâcher-prise grâce à l’acte de créer, parfois d’une feuille blanche, parfois avec une consigne précise, nous nous séparons de ce que nous ne voulons plus ou de ce qui nous encombre.

La médiation artistique ou encore médiation créative utilise ce processus pour apaiser les tensions, matérialiser des conflits internes, donner un angle de vue différent à une problématique. Pour cela, nul compétence technique n’est requise. La clé réside en notre capacité à se laisser guider par l’intuition, et à se faire confiance pour progresser dans la compréhension de nous-mêmes.

J’espère que lire ces quelques lignes vous aura permis d’entrevoir le bénéfice de la médiation artistique en terme de réduction du stress et de facilitation de l’expression. Dans ma pratique, j’utilise les arts plastiques (dessin, peinture, modelage…) mais aussi l’écriture. Laissez-vous guider dans la découverte de ce mode d’expression, si éloigné de notre quotidien, mais aux bénéfices multiples.

Nougaro pour illustrer nos projections mentales

Ou une illustration en chanson de ce que l’on aime parfois se faire : des films !

La méditation de Pleine Conscience nous permet d’observer un phénomène naturel de notre fonctionnement cérébral : les productions mentales. Anticipation, projection, interprétation, souvenir : autant de constructions qui n’existent finalement que dans notre esprit car seul l’instant présent n’a de réalité.

Et ce mécanisme imaginatif peut être source de bien des tourments parfois. Car notre corps ne fait pas la différence entre un événement qui est réellement en train de se passer et un événement que nous imaginons. Il est capable de mettre en œuvre des réactions hormonales, des tensions musculaires, des réactions émotionnelles comme la tristesse ou la colère, génératrices de fatigue ou d’inconfort, sur la seule base de notre pensée.

Si nous pensons à quelque chose qui nous fait peur, par exemple, pour une personne souffrant du vertige, si elle s’imagine en train de se pencher dans le vide, elle pourra recréer physiquement les symptômes de sa peur (mains moites, tremblements, serrement de la poitrine…). Personnellement, cela m’arrive même quand je vois des images d’escalade, ou pire, Cliffhanger (film de 1993 avec Stalone suspendu dans le vide).

Je vous engage à faire l’expérience en choisissant un sujet qui vous parle : les insectes, les serpents, la foule, une réunion, une prise de parole en public…

Vous comprendrez qu’à la base de cette sensation corporelle et de cette émotion désagréable se trouvent uniquement nos constructions mentales, c’est-à-dire notre capacité à mobiliser notre imagination pour penser à quelque chose de manière très réaliste.

Pour comprendre ce point, j’ai pensé à vous partager cette chanson de Claude Nougaro, « le cinéma », qui illustre parfaitement notre aptitude à créer un film dans notre tête (se faire du cinéma), pour le meilleur comme pour le pire. Enjoy.

Peut-être en ayant découvert ces quelques lignes, aurez-vous envie d’en savoir un peu plus sur le travail que nous réalisons avec la Méditation de Pleine Conscience. N’hésitez pas à me contacter ou à consulter cette page.

Quelques bénéfices perso de ma pratique méditative

La méditation de Pleine Conscience m’a été enseignée dans un cadre particulier, afin de soigner les conséquences d’un trauma. Je consacrerai un article spécifique sur l’indication de la méditation dans le traitement du PTSD (Post Traumatique Stress Disorder ou stress post-traumatique). Je souhaitais d’abord ici vous présenter les bénéfices génériques que j’ai retirés de ma pratique méditative, dans ma vie quotidienne.

Avant de commencer la formation, j’en avais un peu entendu parler mais j’ignorais tout de la Mindfulness. J’avais l’habitude de méditer lors des séances de Yoga, mais j’ai découvert avec la Pleine Conscience une pratique différente.

Une pratique scientifiquement documentée

La grande différence que j’ai d’abord notée est l’apport essentiel des neurosciences dans la compréhension des mécanismes induits par la méditation de Pleine Conscience. J’ai accueilli cette pratique comme un enseignement pointu sur le fonctionnement de mon cerveau, en lien avec mes émotions et mes comportements.

Depuis les années 2000, le moine bouddhiste, scientifique et humaniste, Matthieu Ricard a largement contribué à amener des preuves de l’existence d’une plasticité cérébrale. A savoir que notre cerveau est une matière malléable, que l’on peut transformer avec de l’entrainement. Méditant plusieurs heures par jour depuis des années, il a accepté à se soumettre à l’imagerie cérébrale pour que les neuroscientifiques explorent l’activité de son cerveau. Pour plus d’infos, cliquez sur ce lien. J’ai donc pu m’enrichir de nombreux contenus disponibles sur ce thème et progresser en dehors de l’instruction formelle.

Un voyage intérieur pour mieux vivre à l’extérieur

De cet enseignement, j’en ai tiré bien sûr une meilleure connaissance de moi, mais aussi de grandes vertus quant à la qualité de ma relation aux autres.

La méditation de pleine conscience consiste à renforcer notre capacité d’attention. Par voie de conséquence, elle nous permet d’être beaucoup plus attentif à ce qui nous entoure, et notamment… aux autres. Elle a notamment amélioré mes qualités d’écoute et d’empathie.

Je venais d’un milieu professionnel spécialiste du zapping : j’avais cultivé la capacité de présenter un dossier ayant des conséquences sur plusieurs années en quelques minutes (temps moyen d’attention de mes interlocuteurs « débordés »). En retour, je donnais des RDV d’un quart d’heure pour assumer la charge de travail qui m’était donnée. J’ai ainsi progressivement altéré ma capacité d’attention. Entrainant avec elle ma mémoire et ma capacité d’apprentissage.

Notre mode de vie actuel encourage et valorise le multitasking alors que le fonctionnement de notre cerveau n’est optimal que s’il s’accorde à faire qu’une seule chose à la fois. On le fait mieux, et on le fait finalement plus vite. La concentration finit donc par être vecteur d’une meilleure productivité, car de qualité.

Vis-à-vis d’autrui, être un interlocuteur pleinement à l’écoute améliore grandement nos relations. Quoi de plus frustrant de ne se sentir écouté que d’une oreille. En étant plus attentif, on peut capter une plus grandes quantités d’informations délivrées par notre interlocuteur, verbales ou non verbales, et mieux saisir son message.

Prendre du recul : enfin un mode d’emploi

L’autre grand bénéfice que j’en ai personnellement retiré est ce qu’on nomme la « défusion », c’est-à-dire le fait de comprendre que nous ne sommes ni nos pensées, ni nos émotions ; que celles-ci sont des événements passagers et qu’elles ne définissent pas qui nous sommes. Nous arrêtons de fusionner avec nos pensées, nos émotions, nos comportements.

J’ai donc mis en pratique ce qu’on m’enjoignait à faire depuis tant d’années mais sans m’en donner la clé : prendre du recul.

Par la simple observation : « tiens je suis en train de penser ceci, tiens je suis en train de ressentir cela », on réalise enfin ce fameux pas en arrière, on prend ce recul nécessaire pour considérer ces éléments d’une manière plus objective et moins émotionnelle, on obtient tout de suite un nouvel angle de vue. Et l’on peut prendre des décisions ou agir avec plus de clarté d’esprit.

Si j’arrêtais mon cinéma ?

Plus utile encore : identifier les constructions mentales (comme les projections anxieuses ou les souvenirs nostalgiques par exemple) m’a fait prendre conscience qu’elles n’étaient que celà, à savoir une véritable production cinématographique de notre esprit.

Voir l’illustration avec Nougaro ici.

Et que seul existait l’instant présent.

Une évidence ? Pas tant que ça ! Combien de personnes souffrent de ruminations persistantes sur un événement passé ? N’arrivent pas à « lâcher-prise » ?

Quand on commence à observer nos pensées, nous pouvons décider, non pas de reprendre le contrôle (on ne contrôle pas son esprit à proprement parler), mais de réorienter le cours de celles-ci vers des chemins de croissance plutôt que de se plonger dans une mer de souffrance.

La relation d’aide ?

Une approche qui a révolutionné la psychothérapie

La relation d’aide est un accompagnement de la personne en demande de soutien, face à des difficultés, des changements, des décisions, ou simplement dans le cadre d’une meilleure compréhension de soi-même.

Initiée par Carl Rogers dans la première partie du XXème siècle (l’un des plus importants psychologues du XXème siècle), elle place la qualité de la relation entre l’accompagnant et l’accompagné au cœur de la réussite du processus d’aide.

Carl Rogers est issu du courant de psychologie humaniste, qui considère chaque individu comme une personne avec des difficultés certes, mais surtout, avec des ressources sur lesquelles elle peut s’appuyer pour évoluer. Ainsi, la relation avec un aidant (ce peut être selon les milieux un psychothérapeute, un conseiller d’orientation, un personnel du service des ressources humaines…) est là pour guider l’individu dans l‘identification de ses ressources, la prise de conscience de son fonctionnement, et la mise en œuvre de changement si nécessaire.

Cette approche n’est pas directive. L’accompagnant ne fait pas d’analyse et ne donne pas de conseil. Il soutient l’individu dans son processus de développement.

Les caractéristiques fondamentales de la relation d’aide :
  • La présence
  • L’écoute
  • L’acceptation
  • Le respect chaleureux
  • L’empathie
  • L’authenticité
  • La congruence

Ce sont ces qualités que vous retrouverez lors de nos consultations, quelles que soient les techniques que nous utilisons pour avancer ensemble (méditation, massage, création artistique…).

La relation d’aide utile à différents milieux

La relation d’aide est un outil qu’il peut être intéressant de connaître dès que notre métier, et notre vie personnelle, génère de nombreuses relations interpersonnelles. On retrouve plus particulièrement le besoin de se former à la relation d’aide dans les domaines :

  • de l’éducation
  • de la santé
  • des ressources humaines
  • du social
  • du juridique

En savoir plus sur Carl Rogers

En savoir plus sur la relation d’aide

Bienvenue sur l’Heureux Partage

Heureuse de vous accueillir sur ce blog dédié au bien-être et à l’épanouissement. Tout au long de l’année, je partagerai avec les lecteurs des éléments variés, relatifs à l’exercice de mon métier, mais aussi à mes goûts, mes inspirations ou mes expériences. J’aurai plaisir également à partager des contenus trouvés sur d’autres médias, rédigés par d’autres auteurs ou encore à vous informer du calendrier des ateliers collectifs à venir.

Bienvenue dans l’Heureux Partage, le blog de Marion Nussbaumer.